Constat principal : l’obésité est une urgence de santé publique
Le rapport et les échanges dressent un constat alarmant :
- près de 18 % des adultes français sont aujourd’hui en situation d’obésité, soit environ 10 millions de personnes ;
- près d’une personne sur deux est en surpoids ou atteinte d’obésité ;
- les formes sévères progressent particulièrement chez les 18-25 ans ;
- les inégalités sociales jouent un rôle majeur : précarité alimentaire, environnement urbain, conditions de travail, accès aux soins et qualité de l’alimentation.
Les organisateurs insistent sur une idée centrale : l’obésité n’est plus considérée comme un simple problème individuel ou comportemental, mais comme une maladie chronique multifactorielle liée à des déterminants biologiques, sociaux, économiques et environnementaux.
Les grandes critiques adressées aux politiques publiques
Les participants dénoncent un retard important des politiques françaises de prévention :
1. Retard des stratégies nationales
Le rapport critique sur les délais pris dans :
- la publication de la stratégie nationale alimentation-nutrition-climat (SNANC) ;
- le lancement du futur PNNS 5 (“manger bouger”).
2. Prévention jugée insuffisante
Les États généraux estiment que les pouvoirs publics n’agissent pas assez sur :
- la publicité pour la “malbouffe” destinée aux enfants ;
- les aliments ultra-transformés ;
- les perturbateurs endocriniens ;
- les inégalités d’accès à une alimentation saine.
3. Stigmatisation persistante
Le rapport insiste fortement sur la grossophobie :
- discriminations médicales ;
- culpabilisation des patients ;
- difficultés dans l’emploi et la vie sociale ;
- matériel médical parfois inadapté.
Les propositions majeures
Un “plan obésité” interministériel
La demande la plus forte est la création d’un programme national comparable au Plan cancer :
- pilotage interministériel ;
- objectifs sur 10 ans ;
- mobilisation croisée de l’école, du travail, de l’urbanisme, de l’agriculture et de la santé.
Reconnaître pleinement l’obésité comme maladie chronique
Les participants réclament :
- une meilleure reconnaissance par la Sécurité sociale ;
- des parcours coordonnés ville-hôpital ;
- davantage de prise en charge psychologique, nutritionnelle et d’activité physique adaptée.
Développer les soins spécialisés
La feuille de route 2026-2030 du gouvernement prévoit :
- un renforcement des centres spécialisés obésité ;
- un repérage plus précoce dès l’enfance ;
- une meilleure formation des professionnels ;
- des parcours de soins plus structurés pour les cas complexes.
Encadrer les nouveaux médicaments anti-obésité
Le sujet des traitements type GLP-1 (Wegovy, etc.) a occupé une place importante :
- intérêt reconnu pour certaines situations sévères ;
- mais vigilance contre les usages “esthétiques” et les prescriptions abusives ;
- débat toujours ouvert sur leur remboursement.