Synthèse des Seconds Etats Généraux de l’Obésité – 4 mars 2026

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Organisés le 4 mars 2026 au ministère de la Santé par le Collectif national des associations d’obèses (CNAO).

Synthèse du rapport

Constat principal : l’obésité est une urgence de santé publique

Le rapport et les échanges dressent un constat alarmant :

  • près de 18 % des adultes français sont aujourd’hui en situation d’obésité, soit environ 10 millions de personnes ;
  • près d’une personne sur deux est en surpoids ou atteinte d’obésité ;
  • les formes sévères progressent particulièrement chez les 18-25 ans ;
  • les inégalités sociales jouent un rôle majeur : précarité alimentaire, environnement urbain, conditions de travail, accès aux soins et qualité de l’alimentation.

Les organisateurs insistent sur une idée centrale : l’obésité n’est plus considérée comme un simple problème individuel ou comportemental, mais comme une maladie chronique multifactorielle liée à des déterminants biologiques, sociaux, économiques et environnementaux.

Les grandes critiques adressées aux politiques publiques

Les participants dénoncent un retard important des politiques françaises de prévention :

1. Retard des stratégies nationales

Le rapport critique sur les délais pris dans :

  • la publication de la stratégie nationale alimentation-nutrition-climat (SNANC) ;
  • le lancement du futur PNNS 5 (“manger bouger”).

2. Prévention jugée insuffisante

Les États généraux estiment que les pouvoirs publics n’agissent pas assez sur :

  • la publicité pour la “malbouffe” destinée aux enfants ;
  • les aliments ultra-transformés ;
  • les perturbateurs endocriniens ;
  • les inégalités d’accès à une alimentation saine.

3. Stigmatisation persistante

Le rapport insiste fortement sur la grossophobie :

  • discriminations médicales ;
  • culpabilisation des patients ;
  • difficultés dans l’emploi et la vie sociale ;
  • matériel médical parfois inadapté.

Les propositions majeures

Un “plan obésité” interministériel

La demande la plus forte est la création d’un programme national comparable au Plan cancer :

  • pilotage interministériel ;
  • objectifs sur 10 ans ;
  • mobilisation croisée de l’école, du travail, de l’urbanisme, de l’agriculture et de la santé.

Reconnaître pleinement l’obésité comme maladie chronique

Les participants réclament :

  • une meilleure reconnaissance par la Sécurité sociale ;
  • des parcours coordonnés ville-hôpital ;
  • davantage de prise en charge psychologique, nutritionnelle et d’activité physique adaptée.

Développer les soins spécialisés

La feuille de route 2026-2030 du gouvernement prévoit :

  • un renforcement des centres spécialisés obésité ;
  • un repérage plus précoce dès l’enfance ;
  • une meilleure formation des professionnels ;
  • des parcours de soins plus structurés pour les cas complexes.

Encadrer les nouveaux médicaments anti-obésité

Le sujet des traitements type GLP-1 (Wegovy, etc.) a occupé une place importante :

  • intérêt reconnu pour certaines situations sévères ;
  • mais vigilance contre les usages “esthétiques” et les prescriptions abusives ;
  • débat toujours ouvert sur leur remboursement.