Traitements médicamenteux de l’obésité

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Les traitements médicamenteux de l'obésité nécessitent un bilan médical et un accompagnement pluridisciplinaire bien mené d'au moins six mois avant toute prescription. Leur remboursement est conditionné par certains critères.

Injection

La prise en charge médicamenteuse

Nouvelles thérapeutiques médicamenteuses

Dans le cadre de la Feuille de route 2026-2030 pour la « Prise en charge des personnes en situation d’obésité » lancée en janvier 2026, l’accès aux nouvelles thérapeutiques médicamenteuses, commercialisées depuis 2024, a évolué pour permettre leur remboursement aux patients adultes en situations d’obésité les plus sévères, réservant la première prescription à des professionnels spécialisés au sein d’un parcours de soins structuré.

Depuis le 15 juin 2026, les traitements médicamenteux de l’obésité Wegovy® (sémaglutide) et Mounjaro® (tirzépatide) sont remboursés par l’Assurance Maladie en France, sous certaines conditions. La France devient ainsi le premier pays de l’Union européenne à prendre en charge ces médicaments innovants dans le traitement de l’obésité sévère, sans limite de durée.

Wegovy ou Mounjaro : quelles différences ?

Le Wegovy® contient du sémaglutide, un analogue du GLP-1 déjà connu dans le traitement du diabète. Le Mounjaro® associe quant à lui une double action GIP/GLP-1, avec des résultats souvent plus importants sur la perte de poids dans les études cliniques.

Ces traitements agissent notamment sur :

  • la diminution de l’appétit ;
  • la sensation de satiété ;
  • le ralentissement de la vidange de l’estomac ;
  • le contrôle des compulsions alimentaires ;
  • l’amélioration du métabolisme.

Ils doivent cependant toujours être associés à :

  • une prise en charge nutritionnelle ;
  • une activité physique adaptée ;
  • un accompagnement médical et psychologique lorsque cela est nécessaire.

Conditions de remboursement

Le remboursement concerne les adultes en échec de suivi sur des modifications du mode de vie durant 6 mois (perte de poids <5%) ET présentant :

  • un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m² associé à au moins une comorbidité (voir liste en bas de page*) ;
  • ou un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m², avec ou sans comorbidité.

Pour que ces traitements soient remboursés par l’Assurance Maladie, ils doivent s’inscrire dans un parcours de soins spécifique et gradué. Une des conditions concerne la première ordonnance (prescription initiale), qui doit être rédigée par un prescripteur habilité. La liste des médecins habilités est accessible dans le guide ci-dessus.

Lors de l’initiation d’un traitement médicamenteux à base d’analogues de GLP1, le prescripteur remet au patient un justificatif d’accompagnement à la prescription (saisie dématérialisée via le téléservice de l’Assurance Maladie sur amelipro) qui confirme l’éligibilité à une prise en charge par l’assurance maladie au regard de la liste des indications prises en charge et de la qualité du prescripteur. Le feuillet 3 du formulaire est porté à la connaissance du pharmacien, associé à l’ordonnance pour remboursement.

Une fois le traitement médicamenteux initié par l’un de ces spécialistes, le renouvellement des ordonnances (prescriptions) et le suivi pourra ensuite être effectué par tout autre médecin, comme le médecin traitant. Le suivi pluridisciplinaire doit être maintenu.

Le taux de remboursement par l’assurance maladie est de 65 %. Cependant, dans certains cas, les patients souffrant d’affections associées pourraient bénéficier d’une prise en charge proche de 100 % via les dispositifs habituels de l’Assurance Maladie et des complémentaires santé (affection longue durée).

Note de prudence : Les informations pourront être amenées à évoluer.

  • un diabète de type 2 ;
  • une HTA nécessitant un traitement médicamenteux ;
  • une hypertriglycéridémie > 5 g/L (contrôlée à plusieurs reprises, en dehors de toute consommation d’alcool et en dehors du déséquilibre d’un diabète de type 2) et résistante au traitement habituel comprenant les mesures nutritionnelles ;
  • une stéatohépatite non alcoolique (NASH) ou une fibrose hépatique (quel que soit le stade de la fibrose jusqu’au stade de cirrhose Child A, après accord avec l’hépatologue). La stéatose isolée n’est pas une comorbidité retenue pour l’indication de TMO (traitement médicamenteux de l’obésité) ;
  • un syndrome des ovaires polykystiques chez la patiente en âge de procréer ;
  • un problème de fertilité masculine ou féminine avec un projet d’AMP, sur proposition de l’équipe d’AMP ;
  • une maladie rénale chronique (jusqu’au stade d’IRC modérée : stade 3A ou 3B) après avis du néphrologue, voire une insuffisance rénale sévère ou terminale avec un projet de transplantation rénale. Dans ce dernier cas, la décision doit être discutée au cas par cas de façon collégiale avec l’équipe de transplantation ;
    – un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) avec un IAH ≥ 15/h ;
    – un asthme sévère en lien avec l’obésité après avis d’un pneumologue, d’un ORL et/ou d’un allergologue ;
    – des lombalgies chroniques, une coxarthrose, une gonarthrose, invalidantes documentées, après avis rhumatologique et/ou orthopédique confirmant les bénéfices attendus par la perte de poids ;
    – une incontinence urinaire invalidante ne répondant pas aux modifications thérapeutiques du mode de vie associées aux traitements médicamenteux de l’incontinence urinaire et si besoin de la constipation, après confirmation par un gynécologue ou un urologue que la perte de poids est susceptible d’améliorer les troubles urinaires ;
  • une hernie pariétale ou une éventration symptomatique ou complexe dont le traitement chirurgical impose une perte de poids avant la chirurgie pariétale ;
  • une hypertension intracrânienne idiopathique résistant à une prise en charge neurologique bien conduite ;
  • la présence d’un handicap moteur avec ou sans paraplégie, après avis d’un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou d’un neurologue.